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Rencontre avec Marie Jésus Sandoval

Publié le 13févr. par Marie-Jésus SANDOVAL dans Non catégorisé
Je vous raconte dans cet article mon histoire et je réponds à ces questions qui m'ont souvent été posées.

Marie Jésus, qui êtes-­vous, quel est votre parcours ?

Ce qui me caractérise dans cette incarnation, c'est ma rencontre à plusieurs reprises avec la mort et ce, depuis ma petite enfance. J'arrive au seuil, et je reviens, sans que j'en comprenne le pourquoi. C'est comme si l'on me demandait à chaque fois : « Alors, c'est oui ou c'est non ? ». 

Je suis née en Espagne en 1958. A 9 mois, alors que je devais recevoir l'extrême­onction, je suis revenue à la vie. Il faut croire que des esprits veillaient déjà sur moi. Durant ma petite enfance, je n'étais ni morte ni vivante, vivant dans un «entredeux», à la fois ici et sur d'autres plans. Comme je ne mangeais pas, il fallait m’alimenter au moyen d’injections, mais j’ai survécu. 

Arrivée en France avec ma famille, j’ai été hospitalisée d’urgence à la suite d’une infection pulmonaire. Mon père a dû signer une décharge, car j'avais une chance sur 100 de m'en sortir (à 4 ans et demi, je pesais 9 kilos !). Pendant l'opération menée par un grand professeur, mon cœur s'est arrêté, j'ai fait une NDE ­ ce que j'ai compris ultérieurement ­ puis je suis revenue. Je crois que la spiritualité et la guérison ont trouvé leur ancrage déjà dans ces 2 premières expériences de mort imminente. 

Depuis que je suis petite, j'entends des voix, j'ai des visions. J'étais perçue par mon entourage comme «la folle». Ma scolarité a été difficile, car je ne retenais pas ce que j’apprenais. Je me sentais tellement différente. Plus tard, à cause de ma santé fragile, je n’ai pas pu réaliser ce que je percevais comme ma vocation à l’époque : travailler avec des petits enfants. C’était dur à accepter. J’ai donc avancé d’emploi en emploi, sans grande passion. A 21 ans, la découverte de la danse a été salutaire. Danser me permettait de me sentir pleinement vivante, d'avoir des visions, d'entrer en transe, de tisser de nouveaux liens. C’est à 40 ans que ma vie bascule. Devenue mère et travaillant dans l’événementiel et le social, je rencontre à deux semaines d’intervalle Swami Yoga Anand Bharati, moine shivahiste sanyasin, yogi et vaidya ayurvédique, puis Loup Blanc, autour de l’éveil du corps de Lumière dans la vibration christique, taoïste et chamanique. Ces deux rencontres vont résonner au plus profond de moi comme des retrouvailles d’autres vies, une réponse aux dimensions mystiques et ésotériques liées à cette expérience de mort imminente que j’ai vécue en tant qu’enfant.

Le Tantra vient à moi comme la résultante de toutes ces années d’introspections, de pratiques et de questionnement autour de la sexualité consciente. La rencontre avec la pionnière du Néo­Tantra Margot Anand me permet de rester dans cette voie pendant 10 ans : je deviens tour à tour participante, assistante puis co­animatrice certifiée de son école.

A partir de 42 ans, je deviens massothérapeute et crée l’Association Amrita qui propose des ateliers Bien­Être autour de l’Ayurvéda avec la cuisine, les massages pour adultes, les femmes enceintes et les nourrissons, le yoga, la méditation kundalini ainsi que les mudras... Mes premiers Cercles de Femmes voient le jour en 2006 après cette révélation durant ma quête de vision en territoire Cherokee : « Chaque femme au plus profond d’elle­même sait que la sexualité est une porte vers la spiritualité ». A partir de là, mes propositions d’ateliers à la croisée du Tantra et du chamanisme se déploient progressivement. 

Mais la mort n’avait pas fini de frapper à ma porte : à 54 ans, je chute dans un canyon en Espagne lors de mon premier séminaire de Tantra et Chamanisme niveau avancé avec les femmes. La rivière m’emporte dans ses flots tumultueux, mais j’en ressors miraculeusement vivante (cette histoire est contée dans mon livre « Et tu seras chamane »). 

De ces expériences de mort imminente qui ont ponctué ma vie, il me reste une vision très claire : ce couloir de lumière et cette fréquence remplie de bienveillance, de délicatesse, d’empathie, de soin, d’amour universel. Sans prétention, je réalise aujourd’hui que tout ce que j’essaie de mettre en œuvre dans mes ateliers vise au fond à retrouver cette fréquence porteuse de ces énergies. La vie m’invite à être cette passerelle, cette passeuse entre le monde des vivants et l’au-delà, parce que tout mon cheminement m’a amenée à me réapproprier cette incarnation terrestre tout en gardant le lien avec cette dimension céleste, ce monde de l’esprit, de l’invisible. 

Qu'est­-ce qui vous a donné l'impulsion de suivre la voie du Tantra ? 

Je me suis beaucoup questionnée sur la sexualité. Durant mes périodes de célibat, je pouvais être abstinente sans problème. Dès que je me retrouvais en couple, par contre, la sexualité était compliquée : je ne comprenais pas ce que l'autre attendait de moi, ce que moi j'attendais de lui, de quoi était faite la relation. Je me perdais entre sentiments, sensations, projections, fantasmes et idéalisations. Déjà comme enfant, je ne parvenais pas à comprendre les relations humaines, moi qui étais si facilement connectée à l'invisible. Je ne retrouvais pas chez mes pairs les fréquences fluides et légères que je captais. 

Avec l’approche du Tantra, j'ai réalisé que je trouvais dans cet espace une réponse profonde de l'ordre d'un « oui à la vie », et que les relations parlaient de cela. Cela m’a permis de mettre de la clarté dans ce que je vivais, de poser mes limites, de revisiter des espaces souffrants de mon histoire et de célébrer ma joie d'être en vie. J'ai compris que cette approche n'avait pas uniquement une connotation sexuelle et qu’elle pouvait être attractive tant pour les femmes que pour les hommes.


« Avec l’approche du Tantra, j'ai réalisé que je trouvais dans cet espace une réponse profonde de l'ordre d'un « oui à la vie ».


Parlez­-nous de vos différentes approches, de ce qui les caractérise.

 Le point commun de tous les enseignements que j’ai reçus au fil de mon parcours (massage ayurvédique, Tantra, chamanisme), c’est la mise en Conscience des réponses des corps physique, émotionnel et énergétique. Ces trois plans sont interreliés et demandent une harmonisation et un alignement. 

Les séminaires que je propose permettent de faire des expériences dans un cadre respectueux de chacun. Il s'agit de trouver un moyen de faire alliance avec soi tout comme avec l’autre, dans cette invitation à la fois de verticalité, d’enracinement et d’expansion de la Terre vers le Ciel, et du Ciel vers la Terre. 

Équilibre et harmonie deviennent les principaux axes d’investigation et d’introspection pour que l’histoire dont nous sommes toutes et tous porteurs se transforme, sans en renier l’origine. Les chamanes disent « tu portes l’histoire, tu n’es pas l’histoire ». 

Dans les propositions qui sont faites dans les séminaires, je suis particulièrement vigilante à mettre en lumière tout ce qui peut s’apparenter à des stratégies de fuite, car à quoi cela sert­il de parler aux esprits des arbres, des rivières si l'on est incapable de communiquer avec ses semblables ? De courir après l'orgasme, le plaisir de façon effrénée, voire compulsive, si la dimension de la contention n’est pas intégrée ? De chercher dans des vies antérieures l’élan de vie que nous ne nous donnons pas dans celle­ci ?

Etre uniquement dans l'un des trois corps, ne permet pas de trouver le chemin entre les portes de la racine, du coeur et du coronal. Il y a une danse à élaborer. Il est important d'apprendre à oser sortir de sa zone de confort pour aller explorer des endroits où l’on se sent moins à l'aise, sans jamais être dans une zone de danger.

«Les chamanes disent « tu portes l’histoire, tu n’es pas l’histoire ».


Pourquoi avoir constitué des groupes sur le Féminin Sacré ? 

En accompagnant dans un séminaire mixte une femme qui avait été agressée et qui ne pouvait voir les hommes que comme des agresseurs potentiels – malgré tout leur respect et leur bienveillance – je me suis demandée s'il ne fallait pas d'abord faire ce travail de guérison entre femmes uniquement.
La rencontre de cette femme a coïncidé avec ma quête de vision chez les Cherokee durant laquelle j'ai entendu : « Commence à rassembler les femmes ».
J'ai donc débuté avec des cercles de femmes, d'abord sur un plan plutôt ésotérique. Nous nous retrouvions à la pleine lune pour jouer du tambour en connexion avec la Terre. Puis des participantes ont commencé à parler de leur vécu. Un groupe de parole  s'est constitué et a grandi peu à peu. Ensuite, nous avons abordé la dimension corporelle par le massage.

Pour moi, il est fondamental que les femmes prennent la responsabilité de leur corps mais aussi de leurs organes génitaux. C'est là que se trouve le chakra racine, cette reliance entre Tantra et chamanisme : la force de vie liée à la Terre, mais aussi le siège de nombreuses mémoires cellulaires (visites gynécologiques, accouchement, naissance par césarienne, regard posé à la naissance sur le sexe de l'enfant, attouchements, avortements, …). Cette partie du corps étant la plus maltraitée, il s'agit donc de ramener les femmes dans la conscience du corps, de la présence et de l'énergie.

Vous enseignez aussi à des couples. 

J’ai rencontré dans l’univers du Tantra des façons d’aborder le couple et la relation dans des constellations de groupes mixtes. La jalousie y était souvent interprétée comme une notion toxique pour la relation, voire non spirituelle. J’avoue qu’avec mon besoin profond de sécurité, j’ai souvent eu de la difficulté avec cette vision et cette direction. C’est pourquoi j’ai créé des week­ends puis des semaines spéciales pour couples afin de prendre soin de la relation dans un environnement qui ne souffre d’aucune ambiguïté.
Ma direction est très claire : la dimension échangiste, libertine, ce n'est pas ma couleur.

Comment en arrivez­-vous ensuite au Masculin Sacré ? 

Je pense que c’est dans l’air du temps : tout comme les femmes sont invitées à revenir vers elles et à avoir ce chemin d’introspection, naturellement les hommes sont invités à la même direction. De plus en plus émerge ce profond questionnement pour chacune et chacun : c’est quoi être une femme aujourd’hui ? C’est quoi être un homme ? 

J'ai longtemps animé mes groupes seule, entourée de personnes porteuses d'une expérience (femmes ­ et hommes ­ ressources), qui faisaient le lien entre les participants et moi. C'est ainsi que Jean­Gabriel Eynard est entré dans ma vie. D'homme­ ressource, il est devenu mon partenaire et co­animateur pour les groupes mixtes et les couples, et maintenant qu'il a suffisamment d'expérience et de maturité, il accompagne seul des groupes d'hommes. 

Avec Jean-­Gabriel, en tant qu’individus et en tant que couple, nos questionnements et le travail intérieur sur nos histoires respectives ont été porteurs de révélations tant pour lui et moi, que pour les participants et les couples. Cette quête d’alchimie entre Masculin et Féminin Sacré est au cœur de la démarche que nous proposons. 

Que diriez­-vous pour la fin ?

Je remercie le « hasard » pour toutes ces rencontres déterminantes dans mon parcours de vie comme autant de retrouvailles : Swami­ji, Loup Blanc, Margot Anand ainsi que Nuptul Tenpei Nyima Rinpoché et Karma Minyur Dorji Rinpoché avec la source des enseignements bouddhistes Tantriques du Vajrayana. 

Je continue à chercher quel sens a la vie, quel sens je lui donne. J’ai conscience que ce qui m’a gardée en vie, c’est l’amour : celui dont on m’a entourée pour que je survive depuis tout bébé, l’amour que j’ai senti de la part de mes parents, des femmes du village qui m’ont bercée, de ceux qui ont prié pour moi, de ce professeur qui m’a opérée. C’est ce qui me met en joie, qui me porte et que j’incarne. C’est aussi la nature du lien, là où ça touche profondément et où ça dit : oui, ça vaut la peine d’être vécu, quitte à traverser des endroits difficiles et douloureux. Et c’est aussi ça le message : faire confiance, avoir la foi, être courageux et aimer la vie au plus profond de son être. 

Je remercie la mort, parce qu'elle est venue m'enseigner. Grâce à elle, je peux me préparer à quitter ce corps avec le plus de légèreté et de sérénité possible, en me disant : « Woaw ! Quelle belle expérience cela a été, dans ce corps, dans cette vie, dans ce monde ! ».

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